Corrida Pas de plateau télé pour les anti de l'Alliance
La Nîmoise Claire Starozinski , présidente-fondatrice de l'Alliance anti-corrida, vient d'être écartée d'un débat télévisé. On imagine, dans les
rangs du "mundillo" anti-taurin, tout ce que cette nouvelle génère de commentaires sur « le lobby taurin et l'odieux chantage qu'il exerce pour confisquer le débat et en écarter les
spécialistes ». C'est oublier un peu vite qu'en matière de lobby, les pourfendeurs de la corrida s'y connaissent bien, eux qui, entre autres, ont réussi à faire fléchir Canal + afin que la
chaîne ne diffuse plus de spectacles taurins...
L'affaire remonte à la mi-mars, quand le chef des décors du plateau de L'objet du scandale, présentée par Guillaume Durand sur France 2, demande à Claire Starozinski de lui
prêter des objets pour ledécor de l'émission et lui fait entendre qu'elle pourrait être l'une des
invités. Oui, dit la Nîmoise, si elle a un droit de regard sur leur utilisation. Légitime requête .
Depuis, silence radio, si on peut dire, du côté de la télé. Jusqu'à une relance de Claire Starozinski qui, en réponse, reçoit un courrier des organisateurs arguant que la Nîmoise était certes une
« intervenante intéressante » mais suscitant un « certain émoi chez nos amis taurins (...) qui ne veulent pas d'un débat qui frôle l'hystérie ». Et que, de toute manière, sa présence
n'avait pas été prévue.
A sa place, l'émission lui a d'abord préféré... Christian Laborde, « un monsieur semblant correspondre au profil », avant que d'autres invités aient été « quelque peu rebutés par le
champ lexical guerrier » de ses écrits. Doux euphémisme, ce M. Laborde ayant commis le pamphlet où l'on peut lire : « Vidons nos Kalachnikov sur la racaille confessée qui se rend aux
arènes. » Du coup, la production a demandé aux pro-taurins... de choisir (!) le quatrième intervenant hostile à la corrida. La SPA a été suggérée (1). L'émission dit vouloir « rechercher
d'autres types d'intervenants pour que les échanges se fassent plus posément ». Les pro-taurins y voient « une victoire et une émission qui fera peut-être date », les anti estiment
qu'ils «sont parvenus à décider de la composition des plateaux ».
L'émission sera enregistrée le 31 mars et diffusée le 5 avril.
Côté anti : une historienne, la vétérinaire chroniqueuse sur France Télévisions, Yvan Le Bolloch, qui dit aimer la fête taurine mais pas la mise à mort,
et la SPA. Côté pro : André Viard, Simon Casas directeur des arènes de Nîmes, Marie Sara, torera à cheval, l'acteur Philippe Caubère et le philosophe Francis Wolf.